// 2 Les structures civiles et religieuses et les infrastructures //


A) Les structures administratives

A1) La division des territoires

L'organisation administrative de l'Algérie depuis la fin de la Régence turque d'Alger jusqu'aux années 1860 se décompose en périodes successives. Avant 1830, l'administration de la Régence est complexe. Le beylik, structure provinciale, collecte les impôts qui assurent l'équipement et la solde des soldats composant les petites garnisons urbaines, qui sont faites de janissaires et des koulouglis.

Ils ne représentent que 4000 hommes en 1829. L'Algérie comprend alors 4 circonscriptions. Quelques jours après le débarquement près d'Alger des troupes du maréchal de Bourmont, le besoin de donner une administration de type européen à ce pays apparaît comme un préalable à toute autre action. En quelques mois des embryons de structures apparaissent, perfectibles et respectueuses des intérêt indigènes.

A1) De 1830 à 1834
L'occupation militaire française est faite d'efforts de contrôle de nos positions sur une étroite bande côtière et de la grande l'indécision politique sur la politique à mener en Algérie. L'intérêt de notre présence apparaît problématique à certains et prometteuse à d'autres. Un grand questionnement occupe les responsables de la Monarchie de Juillet.

A2) De 1834 à 1848
La conquête et la structuration des territoires occupés s'opèrent progressivement dans des conditions difficiles face aux tribus locales défendant farouchement leurs territoires et possédant une connaissance du terrain que n'a pas encore l'Armée d'Afrique. La figure emblématique de l'émir Abdelkader rayonne de tout son éclat jusqu'à ses revers ultimes et la perte de ses bases arrières, ce qui entraîne sa reddition à la fin de 1847.

A Alger, l'organisation du Gouvernement Général évolue. En avril 1845 le Gouverneur dispose d'un Directeur général des Affaires Civiles, auquel sont subordonnés 4 directeurs des services civils, le Procureur Général, le Directeur de l'Intérieur et des Travaux Publics, le Directeur des Finances du Commerce, le Directeur central des affaires arabes. On organise la division en 3 provinces d'Alger, Oran, Constantine. On y distingue les territoires civils, les territoires mixtes, et des territoires arabes, soumis chacun un système particulier d'administration.

A3) De 1848 à 1858
L'affaiblissement de la position du Gouverneur est continu. Le service des Cultes, de l'Instruction publique, de la Justice, des Douanes, de l'Enregistrement et des Domaines, des Contributions diverses, sont rattachés au ministères correspondants de la métropole. Dans chaque province existe un département subdivisé en arrondissements et en communes.

Dans chaque département, on nomme un préfet de , qui remplace le Directeur des affaires civiles. Le préfet correspond avec le ministre de la Guerre et avec les autres départements ministériels pour les services rattachés. On crée des conseils généraux et municipaux élus par les européens, administrés par les préfets et les sous-préfets, et dotés de conseils de préfecture. L'autorité du GGA subsiste sur le territoire militaire administré par les généraux de division placés sous ses ordres. Les territoires mixtes sont supprimés. La Direction générale des affaires civiles, et la Direction centrale des affaires arabes disparaissent.

Ces 2 types d'administration vont coexister jusqu'en 1856 et l'administration militaire perd peu à peu du terrain au profit de l'administration civile. Les préfets ne correspondent plus avec le Gouverneur que pour les affaires spécifiquement algériennes Ils s'adressent directement au ministre de la Guerre pour l'administration générale, et aux autres ministres pour les services ressortissant de leurs départements.

Ils nomment les maires et adjoints des petites communes et les cheikhs dans les villages indigènes sédentaires. L'administration militaire soumise au Gouverneur est assurée par des généraux commandants les provinces et les officiers commandants les subdivisions et les cercles.

L'autorité militaire garde le contrôle des tribus nomades, vivant sous la tente et qui n'ont pas d'établissement fixe, même en territoires civils. Le Gouverneur conserve le commandement des forces militaires et de la haute administration, et le choix des mesures intéressant la colonisation, par exemple la création des Colonies Agricoles. Il administre le territoire militaire avec l'assistance d'un secrétaire général et un conseil de gouvernement appelé à donner son avis sur la plupart des affaires.

A4) De 1858 à 1860
On administre l'Algérie depuis Paris. On crée le ministère de l'Algérie et des colonies. Le Gouvernement Général est supprimé et remplacé à Alger par un simple commandant supérieur des forces militaires qui n'a que des attributions militaires. Les services qui étaient réunis à Alger sont centralisés à Paris.

Comme on éprouve de la peine à administrer l'Algérie depuis Paris, on augmente les attributions des préfets. Un conseil général, est établi dans chaque province. L'expérience est brève et en 1860 on revient au système du Gouvernement Général à Alger doté des pleins pouvoirs administratifs du pays.

B) L'administration de la cellule de population de base : la commune

B1) avant 1830
La régence turque connaît 3 types d'administration des groupements de population: celle des rares villes d'Alger, Oran, Constantine, Médéa, Cherchell, Miliana et Bougie, celle des tribus en pays nomade, celle des villages ou réunions de villages en pays sédentaire. Les villes de la Régence sont rares et peu importantes sauf Alger. Elles sont dotées d'une administration différente de celle des campagnes, et soumises à une forte emprise turque.

B2) de 1830 à 1848 : la municipalité nommée
A peine arrivé, le maréchal de Bourmont crée à Alger, une commission municipale de maures et d'israélites. Puis Alger reçoit la même organisation municipale que celle de la France métropolitaine Le Gouverneur y installe une municipalité nommée avec des notables maures et juifs, qui prépare le budget communal sous la direction de l'Intendant Militaire..

En 1834, on crée 5 communes avec un budget distinct : Alger, administré par un Intendant Civil, Oran et Bône par des sous intendants, Bougie et Mostaganem par des commissaires civils. Chacune d'elle a un maire. Ses attributions se résument à l'état civil, à la police et au budget. Il y a un conseil municipal de français et d'indigènes, tous désignés par le Gouverneur.

En 1835, on décide de créer 14 communes rurales autour d'Alger et ses différents faubourgs. On en fait autant à Oran et à Blida. Ces communes ont des maires et des adjoints chargés de l'état civil et de l'application des arrêtés des Directeurs et sous-Directeurs de l'intérieur.

En 1836 on abroge de fait l'organisation précédente. L'Intendant civil et ses sous intendants récupèrent l'ensemble de la gestion des recettes et dépenses qui font partie du budget colonial de la France. 11 ans vont s'écouler sans modification de cet état. Les communes sont de simples circonscriptions administratives. Elles n'ont pas d'existence civile.

En 1839, le budget communal disparaît. Il est englobé dans un budget colonial unique, appelé à partir de 1845, budget local et municipal. Le domaine communal a le même sort. En 1842 apparaît le commissaire civil qui est administrateur, maire, juge de paix, officier de police judiciaire, assisté d'un secrétaire greffier qui fait aussi office de notaire. Le district n'a pas de budget. Le commissaire civil n'agit que sur les centres européens de son district.

Fin 1843 le territoire d'Alger est divisé en 14 communes. On nomme un adjoint indigène dans chacune. En 1845 on crée de nouveau 5 communes dans l'arrondissement de Blidah et 4 dans l'arrondissement d'Oran : Oran, la Sénia, Misserghin et Mers el Kébir. En 1846, nouvelle création de 8 communes en territoire mixte dans la subdivision d'Oran : Nemours, Joinville, Saint Louis, Saint Cloud, Sainte Adélaïde, Saint Eugène, Saint Leu, Sainte Barbe du Tlélat

En 1847 l'organisation municipale est décrétée en Algérie : on crée préfectures et conseils de préfectures. On adapte le modèle On établit les conseils municipaux et un budget communal. Le maire entre dans l'exercice complet de ses fonctions La commune devient une personne morale et son conseil nommé avec une participation musulmane. Début 1848, les villes d'Alger, Oran, Philippeville, Bône, Blidah, Mostaganem sont érigées en communes de plein exercice

B3) à partir de 1848 : la municipalité élue
A la suite de l'avènement de la II° République, on nomme d'office le maire et le conseil d'Alger en attendant les 1° élections municipales. En avril 1848 on crée dans l'arrondissement d'Oran des 3 communes de Valmy, Sidi Chami et Fleurus. En août un arrêté de Cavaignac, chef de l'Exécutif à Paris, déclare que le territoire algérien sera érigé en communes avec des édiles élus. Cette déclaration est inapplicable. Il faut d'abord déterminer les circonscriptions et les ressources des communes. On constitue les listes électorales. Les musulmans, les juifs et étrangers peuvent être élus au conseil municipal, mais sont inaptes aux fonctions de maire et d'adjoints.

En novembre, le domaine communal est institué et durera 20 ans. Cette situation dure vingt ans. Un budget collectif, est administré par le Préfet, qui fait face aux dépenses. Les colonies agricoles de 1848 resteront sous administration militaire jusqu'à début de 1853. En 1850 les conseils municipaux multiplient les actes et délibérations illégaux. On les suspend, on les dissout, on les remplace par des commissions municipales nommées.

En 1854, on divise l'arrondissement de Mostaganem en 5 communes : Mostaganem, Libérés, Ain Tédelès, Aboukir, Rivoli. On crée 9 autres communes dont Mascara et Tlemcen. Puis un décret abolit le principe électif et on revient au régime de l'ordonnance de 1847. Il est décidé que tout le territoire civil est divisé en communes. C'est une mesure prématurée. Les commissaires civils continuent d'administrer les localités non érigées en communes dans les territoires mixtes.

Fin 1857 on crée 28 nouvelles communes dont Sidi Chami, Valmy, Misserghin, Arzew, Saint Cloud, Fleuris, Saint Louis, Sainte Barbe, Saint Denis du Sig, Sidi bel Abbès, Rivoli, Pélissier, Ain tédélès, Aboukir

C) Création et développement des infrastructures de l'Algérie

Il s'agit de la naissance et de l'évolution des outils modernes nécessaires à la croissance d'un pays en voie de développement, qui se caractérise par l'instauration d'une politique de travaux publics dans un contexte où rien n'existe préalablement : chemins, routes, ponts, barrages, irrigations et dessèchements des terres, voies ferrées.

> les routes et les ponts
les routes antiques, les débuts difficiles, le classement des routes de 1845 et 1859, la situation en fin de période en 1889, les routes nationales et départementales, les ponts

> les chemins de fer
les premiers projets, le rapport de Chabaud Latour, le décret du 8 avril 1847, le Grand Central, la loi du 20 juin 1860, les lignes du PLM, le décret du 17 mai 1874, la loi du 18 juillet 1889, les compagnies Paris Lyon Méditerranée, Franco Algérienne, de l'Est et de l'Ouest Algériens, de Bône-Guelma et prolongements, les lignes industrielles, les voies sur routes.

> les ports et les travaux d'irrigation
la marche progressive des travaux publics, les travaux maritimes, débarcadères et ports, la Calle, Bône, Philippeville, Bougie, Alger, Cherchell, Ténès, Oran les phares, les dessèchements, les irrigations