// 9 la transformation urbaine et celle de la banlieue ouest //


>> A la différence d'Alger qui apparaît dés le XVI° siècle comme une capitale, Oran ne constitue jamais, avant les l'arrivée des Français, qu'une petite ville dont l'intérêt se limite à celui d'une place forte de qualité, fondée en l'an 290 de l'Hégire, sur une terre occupée par les tribus berbères.

Son site est alors perçu comme le seul des 3 mouillages côtiers de la région ouest (avec ceux de Mers el Kébir et Arzew)qui offre des possibilités déterminantes d'alimentation en eau potable, de ravitaillement des habitants, de liaisons avec l'intérieur du pays, trois préalables décisifs au développement d'une agglomération conséquente. Ces avantages, le font très tôt préférer à ses 2 concurrents pourtant bien mieux dotés pour le commerce naval et la course en Méditerranée.

L'histoire locale du X° au XIX° siècle est principalement faite des occupations espagnoles et turques, préalables à notre arrivée en 1831. L'intérêt de la place comme position militaire va s'y révéler constamment. Les reliefs militaires restants après le terrible tremblement de terre d'octobre 1790, montrent clairement l'intérêt que les maîtres de la cité ont attaché de tout temps à ce rôle défensif.

La ceinture des murs de pierre parsemée de tours de guet, qui protège efficacement des attaques des tribus locales, constitue une bonne base de repli pour les expéditions punitives ou lucratives contre les attaquants venus de la mer ou de l'intérieur du pays.

A l'intérieur des fortifications, les populations vivent à l'étroit d'abord à l'intérieur des murs de la Casbah primitive, puis dans les 2 quartiers de la Blança et de la Marine, jusqu'à ce que la poussée démographique les poussent durablement vers le plateau de Kargentah, la ville haute et le quartier Juif, à l'est du ravin de Ras el Aïn, loin des flancs escarpés du Murdjadjo.

L'arrivée des français se traduit par une réflexion sur les atouts et les handicaps de l'implantation de la ville primitive. Sous l'impulsion première du Génie militaire, puis du service des Ponts et Chaussées dirigé par les ingénieurs Pézerat et Aucour et enfin des efforts des premiers édiles de la cité, un premier relevé topographique est établi en 1832 puis en 1840.

Les axes de développement de la ville sont alors consacrés pour des décennies : comblement du ravin de Ras el Aïn, jonction des rives droite et gauche de l'oued el Rehi, développement urbain du plateau de Kargentah.

Peu à peu va émerger un port moderne, doté des infrastructures propres à lui assurer la capacité propre à assurer les besoins d'un trafic commercial prospère que lui procure son arrière pays. Les extensions du bassin portuaire de 1848 puis de 1860 se révèlent insuffisantes à suivre le développement soutenu des échanges maritimes. De nouvelles infrastructures apparaissent toujours nécessaires avant la fin de chaque étape de croissance.

Cette oeuvre d'établissement des infrastructures urbaines, trouve sa consécration avec l'arrivée du chemin de fer, qui amène la voie de la ligne Oran - Alger jusqu'aux quais de la Marine, ce qui ouvre définitivement l'ère du rayonnement de la cité. Nous verrons successivement

> Oran, sa topographie, son climat, ses ressources:
la position maritime, les routes vers l'intérieur, le choix du site, la question de l'eau, les matériaux de construction, le ravitaillement de la ville

> Oran, l'histoire avant l'arrivée des Français:
du X° au XVI° siècle, les Espagnols et les Turcs de 1509 à 1791, les Turcs de 1791 à 1831

> Le dépôt des ouvriers appelé aussi dépôt des colons
la création d'une structure d'accueil, les dérives du système, la vie au dépôt, le projet des dépôts agricoles, la fin des dépôts d'ouvriers

> Création et développement du port d'Oran
la situation en 1831, les conditions nautiques, les projets d'extension Pézerat, Poirel, de la Commission Nautique, Bernard, Vicocq et Cazeaux, du général Frossard et Aucour, les liaisons avec l'intérieur, le passage de Delacroix à Oran

> la question de l'eau potable et de l'assainissement
la situation en 1831, les sources d'er Rahi, de Bill el, du Santon, du Ravin Blanc, de Brédéah, Noizeux, les travaux de remise en état, les égouts et l'assainissement, le barrage sur le Sig

> Oran des Français 1° partie, le développement de la ville de 1831 à 1847, la période d'influence militaire
la Blança, la Marine, la ville Haute, le quartier Juif, Kargentah, les aménagements année par année, les nouvelles constructions, la rue des Jardins, le boulevard Oudinot, la rue Charles Quint, le comblement du ravin de Ras el Aïn, la nouvelle Place d'Armes, la Place Blanche, la rue de Turin, la promenade de Létang, l'ingénieur Aucour

> Oran des Français 2° partie, le développement de la ville de 1848 à 1870, la percée vers l'est, le quai Charlemagne, l'extension de Kargentah, le boulevard Seguin, le boulevard du II° Zouaves, la rue d'Arzew, le boulevard Gallieni, le raccordement du chemin de fer Alger-Oran, la rue de Mostaganem, le Village Nègre, le boulevard Sébastopol, la Calère, le quartier Wedsford, le boulevard de l'Empereur, le quartier Saint Antoine, le quartier Saint Michel, le boulevard Magenta, le village des Djalis

>> La colonisation européenne autour d'Oran, est un mouvement beaucoup plus lent qu'à Alger. Abdelkader menace longtemps la ville, malgré les tribus des Douaïrs et Zmélas qui lui sont hostiles et qui se sont soumises à la France en 1835. Les Gharabas, alors partisans de l'émir, et encore maîtres de la plaine de la M'léta vont être chassés par eux.

En 1837, un poste militaire permanent est établi à Misserghin sur la route d'Oran à Tlemcen. C'est là qu'un premier centre de population est établi. En 1841, la Moricière arrive et Oran est progressivement débloqué, En 1842, l'administration entame le processus de colonisation européenne de la région d'Oran. 2 centres sont créés : la Sénia d'abord, puis Misserghin.

Les colons occupent ensuite le littoral, mal desservi par les moyens de communication, Mers el Kébir et la plaine voisine des Andalouses, Bou Sfer et Ain el Turck. Puis ils essaiment de part et d'autre de la route d'Oran à Tlemcen à Bou Tlélis, Lourmel, Er Rahel, Rio Salado.

En même temps, mais plus timidement, la colonisation gagne la M'léta en territoire indigène: on y installe de grands domaines comme l'Arbal et le Khémis, et des centres de population : Aïn el Arba et Aïn Beïda. Guidée par les conditions géographiques locales, la colonisation se développe régulièrement de 1845 à 1859, dès que la pacification est assurée.

A la colonisation indigène prônée par les officiers français du bureau des Affaires Arabes d'Oran, qui souhaitent ancrer les tribus par la propriété du sol, s'oppose celle de l'administration civile qui veut peupler le territoire de petits colons européens. Quelques grands domaines voient aussi le jour, dirigés soit par de riches entrepreneurs ayant de l'entregent à Paris, soit par des sociétés agricoles qui y investissent des sommes considérables.

En 1860, par leurs efforts de défrichement, d'assainissement, d'irrigation des terres et par le développement des moyens de communication, l'essor économique de la région Ouest d'Oran est patent. Le territoire initial des Douaïrs et des Zmélas, provenant de leur statut de tribus maghzen auprès des Beys successifs turcs, et aussi des terres du Beylick d'Oran, a été par divers moyens licites, réduit pour les besoins la colonisation européenne. Nous verrons successivement:

> Le pays et les hommes vers 1830:
la géographie, le sahel d'Oran, la M'léta, le Tessala septentrional, l'aspect de la région ouest, l'occupation indigène du sol, les Douaïrs, les Zmélas, leur histoire, les genres de vie dans la région, les aspects humains

> L'établissement es européens de 1837 à 1860:
la création de la Sénia, le projet de colonisation du territoire civil, la création de Misserghin, le notaire Laujoulet, les premiers colons, les résultats de Misserghin, la création d'Aïn Béïda et de Brédéa, la colonisation cotière, Mers el Kébir, Bou Sfer, les Andalouses, Sidi Chami, la terre d'Eufra, Aïn el Turck, les premiers gros colons, Bonfort, la Teysonnière, la colonisation de la zone sud du Sahel, Bou Tlélis, Lourmel, Rio Salado Er Rahel, Terga, la colonisation de la M'léta, du Pré de Saint Maur à l'Arbal, de Franqueville au Khémis,

> Les résultats jusqu'en 1860:
la colonisation arabe de 1847 à 1860, le cantonnement de 1859, la mise en valeur du sahel
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